Petit journal de bord

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Pourquoi appele-t-on la Terre, la Terre ?

Pourquoi appelle-t-on la Terre la Terre, alors que les continents sont des îles à la dérive et les îles des oiseaux de passage ? Il y a tant de ressources sur cette planète et pourtant, des millions d’humains meurent de faim ou de soif noyés dans des océans de solitude… Le monde n’est-il donc pas accompli ? Tant d’avancées vers le progrès et autant qu’il reste à faire pour survivre ensemble en inventant un équilibre plus juste, plus harmonieux. Il a bien urgence à rêver d’un autre monde, à travailler à sa réalisation la plus immédiate.

Sans l’esprit d’initiative et de solidarité, sans curiosité et sans audace l’espèce humaine n’aurait pas survécu. Partir, quitter ses certitudes pour frôler d’autres horizons ; affronter de nouveaux obstacles, mais toujours les franchir, voilà ce qui a conduit les peuples à marcher sur les glaces, défier les déserts, percer les océans puis les cieux. Vivre, c’est aller de l’avant ! C’est un peu comme prendre le premier train en partance, sans en connaître la destination ni l’heure d’arrivée. Dans l’immobilité, la vie n’est plus ; elle s’anéantie. Vivre, c’est vouloir !

Hélas, de toutes parts, en tous lieux, l’activité humaine a façonné le monde jusqu’aux plus sombres limites. Il est indéniable désormais que la démesure de notre action provoque des effets irréversibles sur notre si petite planète, et nous n’en avons qu’une. Alors que faire ? Ne pas se résigner ! Non, surtout pas ! Le défi est immense, mais il nous incombe de préserver la vie !

Il est encore temps de nous étonner, de rêver et d’agir. Mais le monde est aporos, insaisissable. Les photographes dressent à chaque prise le procès-verbal d’une émotion éphémère et si particulière qu’elle ne vit que dans l’ici et maintenant. Preuve irréfutable de l’ailleurs, de l’intime sensation vécue ? La photographie nous fait croire que nous capturons l’instant et le lieu, alors que nous ne volons qu’un peu de lumière, une poussière d’éternité… Jamais un voyageur n’a visité deux fois la même ville, ni contemplé deux fois les mêmes montagnes, quand bien même il n’aurait jamais quitté l’enclos de son village.

Nelson NAVIN

Dernière modification le dimanche 20 mai 2007

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Découvrez le premier diaporama des Voyageurs Ordinaires (projeté dans le cadre de la Soirée Aporos le 21 mars 2008 à la Réunion pour St-Denis Photo 2008)